Les années 20
La paix revenue l’économie connaît un court regain, mais les activités traditionnelles du bourg commencent un lent et inexorable déclin. La population tombe à 1100 habitants en 1939.
- En 1921, l'usine du Fresnes entre dans la Société des Tuileries de Beauvais.
Le porche subsistant près des anciens bureaux conserve cette appellation ; elle commence à fabriquer des briques creuses, la reconstruction ouvre un marché important.
En 1928 deux jeunes mariés partant en automobile en voyage de noces sont accidentés par un convoi du chemin de fer de la tuilerie au niveau du rond point de la route de la gare et de la route nationale. Une croix en granit perpétue le souvenir de cet accident.
Plus souriante est la création du foot-ball club d’Argences en 1935.
L'Occupation
Juin 1940, Argences est occupée par l'armée allemande. Pendant cette période difficile, le premier problème est le ravitaillement. Les moulins retrouvent une certaine importance et ceux de la Porte et du Fresne produisent « au noir », de la bonne farine. Quelques privilégiés mangent du pain blanc grâce au blé détourné des réquisitions. La tourbe est exploitée dans les marais. Elle est conditionnée en petits cylindres et transportée par wagonnets jusqu’à l’usine. et la gare de Moult Cette société, dirigée par M. Comby, résistant appartenant à la CDLR, employait des réfractaires au STO (Service du travail obligatoire) et leur évitait ainsi de partir en Allemagne. Les écoliers étaient requis pour chasser les doryphores….
On ne peut évoquer la période de la guerre à Argences sans rappeler la personnalité du Docteur Paul Derrien, professionnel infatigable et dévoué pour tous, mais surtout Résistant de la première heure, actif dans plusieurs réseaux pendant toute la guerre, responsable local de multiples actions, notamment celle de cacher des réfractaires dans des fermes.
Arrêté sur dénonciation et torturé le 2 juin 1944 à son domicile qui s'élevait à la place du square, rue Maréchal Joffre, il fut exécuté à la prison de Caen le 6 juin ainsi que son amie, Madame Vayssier.
Jusqu'au 20 juillet, sa maison abrita des éléments de la Gestapo repliés de Caen qui continuaient d'arrêter et de torturer. Les victimes furent enterrées dans des trous de bombes à St- Pierre-du-Jonquet (Monument témoin).
Le résistant Paul DERRIEN
Eté 1944 : la destruction d'Argences
En juillet et août 1944, l'exode va débuter pour une grande partie de la population argençaise qui va fuir les combats et les bombardements comme bon nombre de civils bas-normands. Les alliés somment les populations civils de quitter les zones de combats et de bombardements.
En 1944, Argences fait partie du secteur anglais. L’objectif des alliés étant de rejoindre Falaise, Argences n’est pas leur priorité militaire. Si Cagny et Caen sont libérées le 19 juillet, le lendemain, les Argençais sont contraints de quitter leur ville. Ce n’est qu’un mois plus tard, le 17 août, qu’Argences sera libérée par le premier régiment du Leicester Rifle et le 7ème Duke of Wellington.
A leur retour, ils découvrent une ville détruite à 80 % par les bombardements alliés. La reconstruction prendra des années.
Le 17 août 2014 et pour la première fois, Argences a fêté sa Libération.
Le 17 août 2014 et pour la première fois, Argences a fêté sa Libération. A cette occasion, une fresque représentant la Sainte-Famille, vestige des décombres de l’église Saint Jean, est restaurée et replacée dans la nouvelle église Saint Jean-Baptiste.
Le 17 août 2024, un hommage tout particulier est rendu à Andrea VAYSSIER, résistante Argençaise fusillée le 6 juin 1944 à la prison de Caen